Présentée par le Dr David De Bandt
L’échographie pulmonaire devient un réflexe utile dans le quotidien des médecins généralistes confrontés à des suspicions de pneumopathie. Accessible, rapide et fiable, elle permet de lever un doute clinique lorsque l’auscultation seule ne suffit pas. Dans cette vidéo, le Dr David De Bandt propose une démonstration concrète, idéale pour les médecins souhaitant intégrer simplement cet examen à leur pratique.
Dans quels cas recourir à l’échographie pulmonaire ?
L’indication principale est la recherche de pneumopathie. Lorsqu’un patient présente une toux, une fièvre ou une dyspnée, mais que l’auscultation reste équivoque, l’échographie offre un complément immédiat. Un rapport de la HAS, publié en 2025 (1), soutient l’usage de cette technique par les médecins généralistes formés, estimant ses performances proches de la radiographie thoracique.
D’autres situations comme le dépistage d’un épanchement pleural ou la recherche d’un œdème pulmonaire dans un contexte d’insuffisance cardiaque peuvent aussi justifier son emploi. Toutefois, la clé de lecture reste toujours la clinique : l’échographie n’est là que pour l’éclairer, jamais pour la remplacer.
L’examen pas à pas : comprendre les repères
L’un des points forts de l’échographie pulmonaire réside dans la simplicité de ses repères visuels. Il ne s’agit pas de visualiser les structures anatomiques dans leur détail, mais d’interpréter les artefacts générés par le tissu pulmonaire.

On commence par placer la sonde en transversal entre deux côtes. Les cônes d’ombre laissés par ces dernières permettent de s’assurer que l’on est bien positionné dans un espace intercostal, que l’on appelle espace de Merlin. C’est dans cet espace que l’on identifie les structures clés d’un poumon sain.

On observe d’abord la plèvre, brillante, qui bouge avec la respiration. Ce glissement pleural est essentiel : sa présence indique un poumon bien ventilé, tandis que son absence peut évoquer un pneumothorax.
En profondeur, on retrouve les lignes A, des reflets horizontaux réguliers, parallèles à la plèvre. Leur présence traduit une bonne aération pulmonaire.

En revanche, si des lignes B — verticales, brillantes, allant de la plèvre jusqu’au fond de l’écran — apparaissent en nombre, on peut suspecter une atteinte interstitielle ou un œdème.

Le signe du rideau est un autre repère précieux. Lorsqu’on explore les bases pulmonaires (plus visible en position assise ou demi-assise), on voit à l’inspiration le foie (côté droit) ou la rate (côté gauche) passer devant les côtes, balayant le champ échographique. L’interface entre ces organes et le poumon correspond au diaphragme. L’absence de liquide anéchogène à ce niveau permet d’exclure un épanchement pleural.
Et surtout, comparez toujours le poumon droit et le poumon gauche. Une asymétrie, dans un contexte clinique évocateur, constitue un signal fort.
Références
1 - Choix et durées d’antibiothérapie : Pneumonie Aiguë Communautaire chez l’enfant
JB03186FR